Ces bactéries qui conditionnent notre santé… Et nos comportements!



Douleurs, ballonnements, difficultés à digérer, troubles du transit… Vous êtes très nombreux à venir me consulter dans l’espoir de ne plus ressentir ces maux. Et vous avez raison J Car l’intestin n’est pas seulement un bon gros tuyau d’évacuation, qui vivrait alors quelques perturbations inconfortables voire bruyantes. C’est un organe clé de notre santé, qui influe non seulement sur notre immunité, mais également sur nos comportements.

En cause : nos bactéries. Dans cet article, je vous parle du monde proprement fascinant de nos 1014 bactéries qui peuplent notre tube digestif et nous maintiennent en santé.

Plus de bactéries dans l’intestin que de cellules dans notre corps

La santé débute dans l’intestin. 80% environ de notre immunité se situe au niveau de notre muqueuse intestinale. Un intestin qui va bien est donc un intestin qui est capable de retenir les éléments pathogènes tout en laissant traverser les bons éléments dans la circulation sanguine, c’est-à-dire les nutriments dont le corps a besoin.

Pour que l’intestin puisse réaliser ce travail correctement, encore faut-il que l’environnement soit propice : et c’est là qu’interviennent nos 1014 bactéries intestinales.

Et oui : notre intestin abrite plus de bactéries que notre corps de cellules ! Parmi ces bactéries, on peut distinguer les « bonnes », celles qui sont propices à notre santé, et les « mauvaises », celles qui peuvent perturber certaines de nos fonctions et même… Expliquer certaines de nos « mauvaises » habitudes… Comme les envies de sucre.

Plongeon dans ce fabuleux monde microscopique.

Le système immunitaire, nos comportements et les bactéries

Pour vous expliquer l’importance des bactéries sur notre santé et sur notre comportement, nous allons prendre l’exemple d’une expérience menée sur des souris. Il était une fois, dans un laboratoire de New-York, des souris, nées par césarienne, vivant dans un univers entièrement stérile. Même leur nourriture était stérilisés à la vapeur. Leur tube digestif était donc vierge de toutes bactéries, et leur système immunitaire vierge de toute expérience. Les chercheurs s’aperçurent alors que ces souris, qui mouraient terrassées par le moindre « petit » agent pathogène, développaient un comportement particulier : casse-cou, hyperactives, elles mangeaient aussi beaucoup plus et digéraient plus difficilement. Plus surprenant, les chercheurs s’aperçurent qu’en leur administrant des bactéries de congénères touchées par le diabète, ces souris développaient des problèmes de métabolisation des sucres. Et en leur injectant des bactéries de souris en surpoids, nos souris devenaient rapidement sujettes à l’embonpoint.

Si de telles expériences menées sur l’homme restent évidemment impossibles, il n’en demeure pas moins que de nombreuses études ont démontré l’influence de nos bactéries sur notre santé et sur notre comportement. Pour s’en convaincre, voici quelques exemples, parmi d’autres, du rôle des bactéries sur notre organisme : décomposition, digestion de certains glucides comme le fructose, le glucose ou le lactose (qui font partie de la grande famille des Fodmaps… Peut-être avez-vous entendu parler du régime sans Fodmaps ? proposé lorsque votre intestin – et donc vos bactéries – ont du mal à digérer certaines fibres), fabrication de certaines vitamines (comme la B1 ou la B12…)… Appétence aussi pour le sucre….Car oui, vous avez bien lu… Certaines familles de bactéries nous attirent plus volontiers vers ce qui est sucré.

L’intestin, clé de voûte de notre santé

Pour rétablir l’équilibre et favoriser les bonnes bactéries, les probiotiques, dont le rôle principale est justement de renforcer certaines « bonnes » familles de bactéries, semblent à première vue constituer « La » solution. Mais en réalité, le problème est plus complexe. Une recherche des intolérances puis un rééquilibrage alimentaire, incluant parfois l’éviction de certains aliments, sont souvent nécessaires en première intention. Un travail sur la muqueuse intestinale, surtout si elle est poreuse, est un préalable également : de même que l’on évitera de semer dans une terre aride, de même on travaillera sur notre muqueuse afin qu’elle soit à même de recevoir ces nouvelles bonnes bactéries.

Les fibres des fruits contribuent à nourrir nos bactéries,
mais elles peuvent s’avérer irritantes pour certains

Ce n’est qu’après avoir assaini la muqueuse, après avoir adapté son alimentation, que le recours éventuel aux pré- ou aux probiotiques, par l’alimentation, et éventuellement par des compléments alimentaires, est possible.

Dans tous les cas, il sera nécessaire de travailler sur la cause du problème, dans le but d’éliminer durablement ces maux qui vous pourrissent la vie ! Pour cela, une consultation personnalisée en cabinet est nécessaire.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.